PAR

AIDA KASSAB

PARAKEVAS

POSTÉ LE

25 Octobre

2017

Beyrouth Marche

La leçon d’Elton John
Dans un pays où l’homme est impulsif. Dans un pays où tout est feu de paille. Dans un pays où l’instant est roi. Dans un pays où les gens vivent au jour le jour forcés par l’aléatoire. Dans un pays où les responsables ont rarement établi des plans d’avenir. Dans un pays où l’administration a pour sport national d’ajourner. Dans un pays où si l’on prévoit, on tient rarement parole. Dans un pays où tout est improvisé, à l’improviste. Dans un pays longtemps menacé de non devenir, sans lendemain. Annoncer en juillet un concert qui aura lieu en décembre tient quasiment du sarcasme, du paradoxe voire de l’absurde. Elton John viendra au Liban Inchallah. Dieu l’a voulu.

La langue fiche le camp!
Comme des centaines de milliers d’autres citoyens, le baccalauréat libanais, je l’ai en poche mais je ne sais pas lire! Une journée mondiale de la langue arabe est célébrée en décembre. à cette occasion, j’apprendrai peut-être à déchiffrer cette publicité malencontreuse qui fait écho à celle qui vient de créer une polémique justifiée autour de l’orthographe du mot cœur (avec un quaf ou un aleph?) et qui était commanditée par l’armée libanaise, gardienne des frontières mais non de la langue nationale qu’on prenait pourtant pour une ligne rouge.


Terre verticale
Est-ce que ce sont des racines ou des branches? Est-ce un arbre planté dans la ville ou une circulation sanguine avec les ramifications de vaisseaux, de veines et de venelles d’un corps qui prend le mur d’assaut? La terre est verticale. Le terreau fantaisiste qui fait feu de tout bois. Toi, promeneur attentif sur le trottoir qui longe les cimetières musulmans de Basta et Bachoura, toi qui n’as pas les yeux en poche, est-ce que tu passes sans remarquer ce beau phénomène ou bien tu t’arrêtes, interloqué?